L’ARCALT vous recommande chaleureusement le film :

10/06/2009


FAUSTA
de Claudia Llosa, Pérou, 2009

Sortie le 17 juin 2009
 

Projection événement
MERCREDI 17 JUIN À 20H30 à Utopia Toulouse

L’ARCALT présente la première projection de « Fausta » à Toulouse,
en présence d’un représentant d’Amnesty International, partenaire officiel du film.
Participeront aussi au débat : Xavier Pello et Valérie Robin, chercheurs à l’IPEALT (Institut Pluridisciplinaire d’Etudes sur l’Amérique Latine de Toulouse), Luis Fernando Jara, chercheur et écrivain d’origine péruvienne et Walter Barrientos peintre d’origine péruvienne

Ce film restera à l’affiche à Utopia Toulouse jusqu’au 7 juillet

 
+ d’infos sur :
www.cinemas-utopia.org/toulouse
www.jour2fete.com


Les premiers retours de la presse
Le Monde
Révélé à la presse jeudi matin, La Teta asustada (littéralement : la mamelle effrayée), deuxième long métrage de la Péruvienne Claudia Llosa, a fait soudainement souffler le vent de la liberté, du talent et de la beauté.
La trame est légère, le propos grave, l'inspiration magique. Tout commence par la mort d'une vieille femme chantant une chanson d'une atroce beauté : celle des femmes indiennes violées durant les violences qui opposèrent le gouvernement péruvien aux révolutionnaires du Sentier lumineux.
Les exactions perpétrées de part et d'autre, de 1980 à 2000, firent 70 000 morts au Pérou, touchant principalement les indigènes. Cette toile de fond, familière à chaque Péruvien, le film s'en dégage aussitôt pour mieux en suivre les effets à travers son personnage principal, Fausta, la fille de la mourante.

Jeune et belle, celle-ci est atteinte du mal que les indigènes ont baptisé par le nom qui donne son titre au film, et qui frappe les enfants allaités par des mères ayant subi dans leur chair la violence de ces terribles années.
Fausta, interprétée par la délicate et sublime Magaly Solier, [vit] dans un quartier misérable, en faisant des ménages chez une riche bourgeoise de la ville, concertiste réputée qui lui vole ses chansons et son âme. Sujette aux évanouissements incessants, terrifiée par la vie et par les hommes, cette beauté farouche développe aussi dans son utérus des excroissances qui évoquent des tubercules de pomme de terre.
Sans aller plus avant dans la description de l'histoire, on tient ici ce que ce film a de plus précieux : sa manière de mélanger le grotesque au tragique, la beauté à la cruauté, la poésie à l'obscénité. Entre le cadavre pourrissant de la mère et la joyeuse industrie du mariage qui sert de gagne-pain à la famille de Fausta, autant dire qu'on navigue ici, à la fois médusés et éblouis, en pleine monstruosité latino-américaine.
Claudia Llosa, la réalisatrice, née en 1976 à Lima, est la nièce de l'écrivain Mario Vargas Llosa, et a connu un beau succès d'estime avec son précédent film, Madeinusa, distribué en France en 2006.
Il faut impérativement retenir son nom, et inscrire désormais grâce à elle le Pérou sur la liste florissante de ce jeune cinéma d'Amérique latine qui se confronte, de film en film, à la question de l'aliénation.

Jacques Mandelbaum
 

Festival 2009

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