La Pelicula N°03le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
DIMANCHE 22 MARS 2009 n°3

VIL ROMANCE
José Campusano
[Argentine, 2008, 1h43]
Roberto, jeune homosexuel, rencontre Raúl, quinquagénaire amateur d’actes sexuels violents et dominateurs. A travers l’histoire d’amour tragique de ces deux personnages, Campusano expose un rapport social vif sur la banlieue sud de Buenos Aires. Mort, viol et prostitution y tissent la toile d’un autre réalisme, brutal et déroutantMarie
> Lundi 23 mars, Cinémathèque A, 22h05
> Vendredi 27 mars, Cinémathèque A, 14h20
ESTRADA REAL DA CACHAÇA
Pedro Urano
[Brésil, 2008, 1h38]
Sur les toujours actuels sentiers de l’or et du diamant brésiliens, de Januaria (nord-ouest) à Paraty sur la côte, ce long voyage en compagnie de la cachaça (eau de vie de canne à sucre) livre un vibrant panorama humain. Entre histoire, travail, espoir et dépendance, cette amie fidèle remplit bien des offices, y compris religieux... Vincent
> Lundi 23 mars, ESAV, 21h50
CORPO PRESENTE : BEATRIZ
M. Toledo et P. Gregori
[Brésil, 2007, 0h20]
Avec une approche post-néoréaliste et une caméra à la main, nous suivons la vie quotidienne de Beatriz, une jeune mère brésilienne sans histoire ni espoirs. Entre documentaire et fiction, ce court-métrage nous montre une personne ordinaire dont la routine va brutalement s’achever. Omar
> Lundi 23 mars, Cinémathèque A, 12h20
> Vendredi 27 mars, Cinémathèque A, 16h30
VERÔNICA de Mauricio Farias - [Brésil, 2009, 1h32]
En compétition l’année dernière dans la catégorie Cinéma en Construction, le film Verônica de Mauricio Farias revient cette année dans la compétition Coup de Cœur des Rencontres.
Successivement acteur, ingénieur du son, monteur, assistant réalisateur, producteur et scénariste pendant dix ans à la télévision, Mauricio Farias s’est construit une notoriété lui permettant de tourner son deuxième long-métrage.
Institutrice dans un quartier violent à Rio, Verônica mène une vie solitaire après s’être séparée de son mari. Elle se voit un jour dans l’obligation de raccompagner chez lui un de ses élèves, Leandro, resté seul à l’école. En arrivant dans la favela où il réside, elle découvre que ses parents ont été assassinés. Peu avant sa mort, le père de l’enfant, impliqué dans des trafics de drogue, a pris le soin de lui confier une clé USB contenant des documents compromettants. Seule solution, la fuite.
Une fuite loin de la police corrompue et des cartels de drogue qui va lui faire changer de vie à jamais. Par la même occasion, elle va découvrir son amour maternel, élément déterminant quant à la transition vers un futur inconnu. La performance de la superbe actrice Andréa Beltrao, épouse du réalisateur, apporte une consistance à ce personnage présent dans chaque image. Cette échappatoire se traduit à l’écran par un rythme enlevé qui plonge le public dans une course effrénée. La cadence ne retombe pas dans ce thriller carioca. «Malgré les sujets abordés dans le film, j’ai voulu faire un film tout public, sans violence. Tout au long du film Verônica ne tue personne car pour moi elle représente la vie».
La modernité, la pauvreté, la violence et la corruption sont autant d’éléments de la situation politique et sociale du Brésil réunis dans le scénario. Un film politique pour le réalisateur qui dénonce l’indifférence générale dès lors qu’il s’agit de venir en aide à son prochain. « Au Brésil, après un accident de la route, on peut rester des heures sans que personne ne s’arrête. C’est triste. »
Réaliste, le film n’est pas pour autant fataliste, à l’image de la trajectoire du personnage principal. « J’ai voulu faire un film réaliste afin de refléter dénoncer le fossé existant entre les classes sociales en Amérique latine, mais je voulais aussi y apporter une note positive, et montrer que tout est possible ».
Avant la première projection, Mauricio Farias était visiblement très heureux de « participer à nouveau aux Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse et d’échanger avec d’autres réalisateurs d’Amérique Latine ». Propos recueillis par Vedani
Lundi 23 mars, Gaumont Wilson, 16h
Cédric Lépine, journaliste aux Fiches du Cinéma
Les 600 films de l’année sont visionnés, décryptés et analysés par une équipe de cinéphiles journalistes pour les Fiches du Cinémas. Parmi eux, le trentenaire Cédric Lépine. En version papier, Web ou dans l’Annuel du Cinéma, leurs articles destinés aux producteurs, distributeurs et professionnels donnent une vision d’ensemble des réalisations de l’année.
L’attirance de Cédric Lépine pour les regards différents et son ouverture issus aussi de ses études en ethnologie l’amènent à « chercher à mettre en valeur tous les films, car chacun revêt un intérêt particulier ». Après s’être interrogé sur « l’absence des films d’animation », son coup de cœur va au film Gallero, qui lui rappelle « le cinéma contemplatif de Reygadas ». « Alors que les étudiants de l’Esav en grève se posent des questions sur l’engagement, conclue-t-il, il est très intéressant de revoir les films cubains, construits avec d’autres codes cinématographiques et une autre idéologie ».Pierre
« To be or not to be DAT is the question ». DAT, réalisé par Jonás Romero, a été primé comme meilleur court-métrage 2008 du festival vénézuélien VIART. Ce film, conçu durant son cursus à l’Université d’Art de Caracas, interroge les genres cinématographiques et présente une science-fiction expérimentale au sein de laquelle toutes les réalités se confrontent et se mélangent. Jonás Romero choisit en effet de mettre en scène différents points de vue et de jouer avec l’imagination du spectateur. « L’université nous demandait un travail de synthèse narrative mais j’avais le désir que DAT ne soit pas là pour imposer une solution mais plutôt pour soulever une question. Je n’avais pas envie de présenter une réalité sociale mais au contraire d’amener le spectateur à un travail de réflexion sur la relativité du réel. Dans un film de science fiction, le spectateur attend habituellement une mission; là il n’y en a pas. DAT joue sur l’expectative ». DAT est un travail très personnel et autonome de Jonás Romero qui a entièrement suivi la bonne réussite de ce projet, depuis la conception de l’idée jusqu’à la production. « J’ai réalisé ce film avec très peu de moyens quand j’étais à l’université, . J’ai écrit le scénario, le story-board, fait la production, le cadrage… ça faisait partie de l’exercice. Ma petite amie était mon assistante sur le tournage et l’acteur principal est mon meilleur ami ». Tourné il y a deux ans, ce court-métrage est aujourd’hui présenté dans le cadre des Rencontres suite au partenariat lancé entre le festival VIART [Caracas] et l’Arcalt. Marie
Projection : dans la sélection RADAR 1 : Mardi 24 mars, 18h20, Cinémathèque B [NST]

Martín Borteiro, Alice De Andrade, Wolfgang Hamdorf, Yvon Le Bot, Miguel Machalski, Bojidar Manov, Tiziana Panizza, Matías Pinochet, Juan Villegas.