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La Pelicula N°04

le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
LUNDI 23 MARS 2009 n°4

  • Momento con / Les rencontres vu par...
  • invités

GASOLINA
Julio Hernández Cordón
[Guatemala, 2008, 1h28]

Gagnant de Cinéma en Construction en 2007 et du prix Horizontes du festival de San Sebastián en 2008, ce film accompagne un trio d’adolescents dans son errance nocturne au sein d’une ville anonyme du Guatemala. Insouciants et aimant le risque, nous les suivons à bord de leur voiture au cours de leur déambulation. Omar

> Mardi 24 mars, Gaumont Wilson, 16h
> Jeudi 26 mars, Gaumont Wilson, 22h

LOS BOLOS EN CUBA
Enrique Colina
[Cuba, 2009, 0h52]

« Gracias a los rusos » scandent les Cubains en souvenir de l’époque prospère de la révolution marquée par la présence russe. Pourtant, c’est un peuple sous perfusion d’un régime soviétique rigide et autoritaire que donne à voir Enrique Colina. Enseignant à l’ESAV, ce réalisateur cubain a été invité à Cannes en 2003 pour son film Entre Ciclones. Dorothée

> Mardi 24 mars, ESAV, 22h

PEHUAJO
Catalina Marín
[Uruguay, 2009, 20min]
La nuit d’un réveillon insipide, Albertina emménage dans une station balnéaire en pleine fête. Mais, se retrouvant seule, son changement d’année n’est que chamboulements imprévus. Avec Pehuajo, Catalina Marín offre un plongeon déroutant dans l’univers émotif de son personnage, Albertina, et conduit un court-métrage d’une grande intensité. Marie

> Mardi 24 mars, 18h, ESAV
(avant Acné de F. Veiroj).

La rencontre avec Sergio Mazza

GALLERO de Sergio Mazza - [Argentine, 2008, 1h40 ]

Après le succès international de son premier film El Amarillo , Sergio Mazza est présent aux Rencontres de Cinémas d’Amérique Latine pour la première sortie de sa seconde œuvre Gallero.
Gallero constitue un recueil de travaux et d’envies que Sergio Mazza tenait gardés depuis des années. «Je crois que j’ai vu en Gallero une sorte d’exorcisme pour la frustration d’avoir tous ces travaux qui n’avaient pas pu être montés. Et je n’avais pas envie de garder toutes ces idées inachevées. J’avais déjà écrit beaucoup des scènes qui sont à l’intérieur du film et j’ai décidé de les rassembler pour en faire une seule œuvre ». Dans ce patient travail de maturation d’écriture, chaque scène est explorée avec minutie.
La trame du film s’articule autour de deux personnages, Mario et Julia, tous deux habitués à leurs solitudes et qui laissent couler la vie en attendant la mort. Mario élève des coqs de combat, passe ses journées avec ses animaux et parfois s’éloigne de chez lui pour travailler dans les zones rurales. Il y rencontre Julia, femme sexagénaire plus âgée que lui, ayant perdu toute sa famille dans un accident, toute dévouée à sa solitude ainsi qu’à sa religion. De leur rencontre émerge un nouveau quotidien au sein duquel chacun mue doucement et se découvre de nouveaux sentiments. Gallero décrit des personnages perdus dans leurs habitudes, en proie à des sentiments inconnus, reniant leurs instincts. Tous deux s’accrochent l’un à l’autre sans se le permettre, se sentant autant attirés qu’effrayés par leur relation naissante. Sergio Mazza, en dressant les portraits déroutants de ses deux personnages, explore intimités et ambiguïtés de la raison et de l’envie.
Bien au-delà de l’histoire, le film s’écrit dans les images et compose un tableau dramaturgique déchiré et brutal. Avec la province de Catamarca, au nord-ouest de l’Argentine comme fond d’écran, Sergio Mazza agit comme un peintre au cinéma, illustrant chaque scène de son film comme un tableau minutieux. « J’ai beaucoup réécrit le film, je suis perfectionniste et j’avais envie que chaque détail du film soit placé à la perfection. Pour chaque film, j’ai le désir de changer de style, d’explorer des choses nouvelles. Ici, j’avais l’idée fixe d’un travail véritablement pictural, de création de tableaux. Je me sens davantage plasticien et j’avais envie d’un travail complet ».
Le film a été sélectionné à la section « Work in progress » de la 23ème édition du festival international de cinéma de Mar del Plata où l’acteur principal, Gustavo Almada, a reçu le prix Carlos Carella du meilleur acteur masculin. Marie

> mardi 24 mars, Cinémathèque A, 20h


Jessica De Jaeger, directrice artistique du Latin American Film Festival, Utrecht

Au soleil dans les jardins du Crous, Jessica de Jeager se réjouit de sa première venue au festival. Cette jeune hollandaise organise depuis cinq ans le festival d’Utrecht, un événement destiné à promouvoir les films et documentaires latino-américains.Elle vient spécialement à Toulouse pour participer à Cinéma Sans Frontières, «un rendez-vous important pour discuter avec les professionnels et se tenir informée des projets en cours». Autre objectif de sa venue, Cinéma en Construction. L’enjeu est de taille, puisqu’elle prévoit de créer une section similaire en Hollande et en Belgique sous le nom de «Cine Abierto». Selon elle, «le projet devrait bien fonctionner car les besoins en matière de finalisation de production sont réels». Quant aux projections des Rencontres pour lesquelles elle est peu disponible, Jessica recommande, programme en main, La Nana, Historias Extraordinarias et Tony Manero. A vos écrans !Noémie


Huit ans après son premier long-métrage La Ciénaga qui avait remporté le prix Coup de Cœur des 13èmes Rencontres, Lucrecia Martel revient à Toulouse pour présenter son dernier film en avant-première. L’accueil enthousiaste qu’avaient réservé public et professionnels à son film l’avait alors aidée à « savoir ce [qu’elle] allait faire dans la vie ». Dans le calme ensoleillé de la Cinémathèque, la réalisatrice argentine déclare : « Le titre de mon film, La femme sans tête, est un titre de film de série B, comme l’étaient les titres La Ciénaga et La niña santa ». Elle revendique en effet les films d’horreur comme source d’inspiration au moment de créer l’atmosphère énigmatique de ses films, dans lesquels les personnages se déconnectent à un moment donné de leur univers habituel. « Notre vision du monde ne crée pas la réalité. Je me reconnais au contraire dans un cinéma qui croit que la réalité est une construction ». « Par exemple, être ponctuel, faire ce que l’on attend de nous, cela peut être considéré comme autant de manifestations de la folie », ajoute-t-elle. Interrogée sur le processus de création d’un film, Lucrecia Martel nous dit: « La phase d’écriture d’un film m’amuse beaucoup, c’est un moment très émouvant, j’aime cette solitude qui précède les autres étapes collectives que sont la pré-production, le tournage et la post-production. […] Faire du cinéma requiert beaucoup d’énergie. Lorsqu’arrive le moment de promouvoir le film terminé, je suis épuisée ». C’est aussi pour elle le moment de partir sur de nouveaux projets, peut-être un film de science-fiction à l’horizon… Hélène

> La Ciénaga, mercredi 25, Cinémathèque A, 18h10
> La femme sans tête, vendredi 27, Utopia, 20h30



invités - ils arrivent !

Ignacio Agüero, Enrique Buchichio, Andrés Duprat, Gonzalo Duprat, Javier Fuentes León, Héctor Gàlvez, France Hatron, Julio Hernández, Esteban Larraín, Olivier Pelisson, Fernando Pérez, Sebastián Ponce, Lucía Puenzo, Che Sandoval, Frederico Veiroj