La Pelicula N°05le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
MARDI 24 MARS 2009 n°5

JUAN DOWNEY, MAS ALLA DE ESTOS MUROS
Juan Ignacio Sabatini
[Chili, 2005, 1h01]
Ce large portrait-patchwork désire perpétuer l’être et l’œuvre du chilien Juan Downey (1940-1993) par-delà les murs. Peintre, graveur, il a surtout été un pionnier consacré de l’art vidéo. Ses séries ou installations interrogeant l’occident, le colonialisme, la valeur de l’image et sa relation au pouvoir ont gardé toute leur acuité ! Vincent
> Mercredi 25 mars, ESAV, 22h
PROGRAMMES JEUNE PUBLIC
Pour la 2ème année, les Rencontres Cinémas d’Amérique Latine ont sélectionné des courts-métrages latino-américains pour les enfants à partir de 6 ans.
Tantôt drôles ou émouvants, tantôt graves ou mystérieux, les courts-métrages ont été choisis pour leur qualité, leur diversité et leur intérêt culturel. Deux films d’animation ont été réalisés par des enfants dans le cadre d’ateliers multimédia menés en Argentine et au Mexique.
Une équipe de doubleurs a été mobilisée pour traduire en direct les films dont les langues originales sont l’espagnol, le portugais ou le nahuatl.
Notons que les Rencontres ont mis en place dès le mois de janvier des ateliers de sensibilisation visant à préparer les enfants aux projections, sur les thèmes du sténopé, de la fresque et des piñatas. Ces dernières font la joie de tous les spectateurs à la sortie des séances du mercredi à l’occasion du goûter latino ! Hélène H
> Mercredi 25 mars, prog.1 Bellegarde,10h30
> Mercredi 25 mars, prog.2 Bellegarde,14h30
> Samedi 28 mars, Cinémathèque B,16h
LA NANA de Sebastián Silva - [Chili, 2009, 1h57]
Après le succès international de son premier film El Amarillo , Sergio Mazza est présent aux Rencontres de Cinémas d’Amérique Latine pour la première sortie de sa seconde œuvre Gallero.
Gallero constitue un recueil de travaux et d’envies que Sergio Mazza tenait gardés depuis des années. «Je crois que j’ai vu en Gallero une sorte d’exorcisme pour la frustration d’avoir tous ces travaux qui n’avaient pas pu être montés. Et je n’avais pas envie de garder toutes ces idées inachevées. J’avais déjà écrit beaucoup des scènes qui sont à l’intérieur du film et j’ai décidé de les rassembler pour en faire une seule œuvre ». Dans ce patient travail de maturation d’écriture, chaque scène est explorée avec minutie.
La trame du film s’articule autour de deux personnages, Mario et Julia, tous deux habitués à leurs solitudes et qui laissent couler la vie en attendant la mort. Mario élève des coqs de combat, passe ses journées avec ses animaux et parfois s’éloigne de chez lui pour travailler dans les zones rurales. Il y rencontre Julia, femme sexagénaire plus âgée que lui, ayant perdu toute sa famille dans un accident, toute dévouée à sa solitude ainsi qu’à sa religion. De leur rencontre émerge un nouveau quotidien au sein duquel chacun mue doucement et se découvre de nouveaux sentiments.
Gallero décrit des personnages perdus dans leurs habitudes, en proie à des sentiments inconnus, reniant leurs instincts. Tous deux s’accrochent l’un à l’autre sans se le permettre, se sentant autant attirés qu’effrayés par leur relation naissante. Sergio Mazza, en dressant les portraits déroutants de ses deux personnages, explore intimités et ambiguïtés de la raison et de l’envie.
Bien au-delà de l’histoire, le film s’écrit dans les images et compose un tableau dramaturgique déchiré et brutal. Avec la province de Catamarca, au nord-ouest de l’Argentine comme fond d’écran, Sergio Mazza agit comme un peintre au cinéma, illustrant chaque scène de son film comme un tableau minutieux. « J’ai beaucoup réécrit le film, je suis perfectionniste et j’avais envie que chaque détail du film soit placé à la perfection. Pour chaque film, j’ai le désir de changer de style, d’explorer des choses nouvelles. Ici, j’avais l’idée fixe d’un travail véritablement pictural, de création de tableaux. Je me sens davantage plasticien et j’avais envie d’un travail complet ».
Le film a été sélectionné à la section « Work in progress » de la 23ème édition du festival international de cinéma de Mar del Plata où l’acteur principal, Gustavo Almada, a reçu le prix Carlos Carella du meilleur acteur masculin. Marie
> mardi 24 mars, Cinémathèque A, 20h
Una Meiberga, directrice artistique de CineRiga, Lettonie
Avec une pointe d’accent slave sur un anglais perfectionniste, Una Meiberga explique les raisons de sa venue aux Rencontres pour la première fois. Cette jeune directrice artistique du Cinéma Riga cherche à construire un réseau de contacts dans le but de développer un marché du film latino-américain en Lettonie.
« Les films latinos restent très rares à Riga, confie t-elle. C’est dommage, mais d’un autre côté ça nous permet de saisir l’opportunité visant à faire connaître ce type de cinéma ». Les échanges avec les médias et les professionnels de Cinéma Sans Frontières constituent l’occasion de nourrir ce projet. Une collaboration avec le festival de cinéma latino-américain en Hollande se profile peut-être à l’horizon…
Entre ateliers et débats, elle a endossé le rôle de spectatrice pour le film Tony Manero. Une belle impression pour une réalisation lui rappelant The Bad Lieutenant de Abel Ferrara... Noémie
En 2001, pour Sábado, son premier film en tant que réalisateur, Juan Villegas s’était entouré d’une équipe de tournage qui, majoritairement, travaillait là sur son premier long-métrage professionnel. Membre de la génération de cinéastes qui depuis ces dix dernières années ont rénové le cinéma argentin, Juan avoue que, de tous les films qu’il a entrepris, il n’a jamais eu l’argent pour finir la post-production. Pour lui, l’existence même de Cinéma en Construction « constitue une véritable impulsion pour encourager la réalisation d’un film avec une certaine liberté de ton ». En effet, Cinéma en Construction, fruit d’un partenariat entre les Rencontres Cinémas d’Amérique Latine et le festival de San Sebastian, propose une aide financière aux long-métrages de fiction latino-américains qui éprouvent des difficultés à financer la post-production. Ainsi, depuis l’existence de ce dispositif, les 75 films sélectionnés ont tous été finalisés, excepté quatre. « Cinéma en Construction fait figure d’un label de qualité pour le film sélectionné, et constitue un précieux moyen d’intégrer le circuit cinématographique international », précise le cinéaste argentin.
Ce mercredi, Juan Villegas inaugurera cette 15ème session avec Una semana solos dont il est le producteur. Ce film, réalisé par sa femme Celina Murga, traite de la vie des enfants dans les quartiers privés et hyper-contrôlés. Lors de ce moment fort des Rencontres attendu par nombre de professionnels de la filière cinématographique, il s’agit ici de présenter un film qui, au préalable, a bénéficié de la dynamique du circuit de Cinéma en Construction. S’annonce désormais sa rencontre avec le grand public. Dorothée
> Mercredi 25 mars, 20h30, Cinémathèque A
> Dimanche 29 mars, 14h10, Cinémathèque A

Nicolas Pereda, Pablo Agüero, Marcelo Toledo, François Sauvagnargues