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La Pelicula N°06

le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
MERCRDI 25 MARS 2009 n°6

  • Momento con / Les rencontres vu par...
  • invités

HISTORIAS EXTRAORDINARIAS
Mariano Llinás
[Chili, 2005, 1h01]

Historias extraordinarias accompagne trois personnages en échappée dans la province de Buenos Aires, terrain d’aventure dans lequel tout est possible. Guidé par la voix off, le film déploie une multitude de récits dans lesquels leurs trois destins se croisent et s’entremêlent. Marie

> Jeudi 26 mars, Cinémathèque A, 15h55

LA HISTORIA QUE NO CONTARON, CASO 11227
Ayoze O’Shanahan
[Espagne-Colombie, 2008, 1h12]

Née en 1985, d’un accord entre le gouvernement colombien et les FARC, l’Union Patriotique fut immédiatement et systématiquement persécutée. En dix ans, des milliers de ses membres et tous ses élus parlementaires furent assassinés. Parmi ces derniers, Jose Antequera. Sa fille, Erika, défait devant nous la pelote de ce massacre tu et oublié. Manu

> Jeudi 26 mars, ESAV, 20h

CAFÉ PARAÍSO
Alonzo RUIZ PALACIOS
[Mexique, 2008, 0H10]
Gallo et Chui sont travailleurs mexicains sans-papiers au café du Paradis, Los Ángeles. Tout en travaillant, le plus jeune des deux fantasme un départ héroïque vers une nouvelle vie. Dans la cuisine du paradis, fiction et réalité s’entremêlent pour un dessein inattendu. Marie

> Mardi 24 mars, 18h, ESAV
(avant Acné de F. Veiroj).

La rencontre avec ANDRÉS DUPRAT, scénariste

EL ARTISTA de GASTÓN DUPRAT et MARIANO COHN - [Argentine, 2008, 1h 35]

Andrés Duprat définit le film El Artista comme « une sorte de manifeste ». Après vingt ans consacrés au monde de l’art, le directeur d’Arts Visuels du gouvernement argentin avait envie d’écrire une histoire sur « cet univers que j’aime et que je déteste à la fois ». Mais comment raconter au public les dilemmes d’un monde aussi cryptique -et parfois snob- que celui de l’art contemporain ? Il ne fallait pas rédiger un article érudit, mais donner à sa réflexion une forme plus créative : faire un scénario.
Andrés avait pensé dès le début à son frère, le documentariste Gastón Duprat, et à Mariano Cohn pour réaliser le film : « Je connaissais très bien leurs œuvres et leur façon de filmer. C’est pourquoi, sans les prévenir, j’ai écrit le scénario tout en pensant à l’interprétation qu’ils pourraient en faire ».
La synergie du trio produit une œuvre difficile de qualifier, sorte d’opéra-bouffe ou de portrait critique -jamais caricatural- du monde de l’art. Le film nous montre Jorge Ramírez, infirmier, qui se rend dans une galerie d’art pour exposer ses dessins, usurpant à travers elles le travail de Romano, un vieil autiste parlant seulement pour demander des « clopes ». Et voilà que le succès arrive et Jorge devient l’artiste du moment. Mais qui est l’artiste, celui qui dessine sans aucune volonté artistique ou celui qui, comme Duchamp, trouve dans un objet quelconque une œuvre d’art ? Tout le film se construit autour de ce problème. « Romano jamais aurait été un artiste sans le regard de Ramírez et le rôle social qu’il joue. Je crois que tous deux construisent un seul artiste », explique Duprat.
La réflexion ne s’arrête pas là, le film montre des individus stéréotypés du monde de l’Art, qui sous un langage érudit cachent un discours vide. Ils observent des œuvres qu’on ne verra jamais. Grâce à une caméra subjective nous les suivons se promener devant le tableau, comme si nous étions de l’autre côté de l’œuvre. « Les subjectives permettent de confronter un public avec l’autre », explique Duprat. Il s’agit d’une logique qui nous fait interroger ces personnages en même temps qu’elle nous interroge.
Une photographie extrêmement soignée et la participation de personnalités du milieu culturel argentin -il n’y a pas d’acteurs professionnels-, sont les lettres de créance d’une histoire qui se veut universelle.
« Cette histoire pourrait se passer à Toulouse, New York ou Mexico. Ce n’est pas le film typique que le Premier monde attend du Troisième : histoires sur la violence, la pauvreté, etc. Il y a aussi une autre réalité. J’habite à Buenos Aires et je ne marche pas avec un pistolet dans la rue ! ». Ignacio

> Jeudi 26 mars, Cinémathèque A, 20h20


Edward Fletcher, de Soda Pictures

L’humour anglais dans toute sa splendeur. Edward Fletcher, distributeur pour Soda Pictures, se moque gentiment de l’intellect français. Il vient d’assister à une réunion de Cinéma Sans Frontières durant laquelle fusaient des discussions théoriques autour du cinéma. « En France, le cinéma fait partie prenante de la culture. En Angleterre, il est plutôt considéré comme un loisir ». Des séminaires CSF, il retiendra une initiative intéressante et structurée à recommander pour des professionnels déjà établis dans le milieu cinématographique.
Ce jeune britannique fait la part belle au cinéma latino-américain, et mexicain en particulier. Sa compagnie distribue des films déjà projetés dans le cadre des Rencontres : El baño del papa, La zona, El violín. Autant de réalisations qui parviennent à marquer les mentalités européennes, tout en témoignant d’une réalité latino-américaine, gage de réussite selon lui. Noémie


Quatorze ans après, Ignacio Agüero est de retour au festival. Douze heures de voyage et le voilà dans la cour de la Cinémathèque, il est tôt. Trois heures du matin au Chili…
Invité incontournable de la rétrospective du documentaire chilien post-dictature, Agüero réalise son premier long-métrage, Cien niños esperando un tren, en 1988, soit deux ans avant la fin de la dictature. Les enfants d’un quartier pauvre de Santiago, que l’on suit au cours d’un atelier d’initiation au cinéma, en sont les protagonistes. Pourtant, ce film a été interdit aux moins de 21 ans à l’époque…
Les films d’Agüero s’unissent autour du thème de la mémoire. De plus, ils partagent une manière particulière d’être réalisés. Ainsi, pour El diario de Agustín (2008), autour d’une volonté très claire de déconstruire les montages journalistiques du journal de droite chilien, El Mercurio, l’élaboration du scénario s’effectue au fur et à mesure du processus d’investigation mené durant un an et demi.
« Je partage le point de vue de la rétrospective des Rencontres affirmant que le cinéma post-dictature se trouve dans la continuité d’un cinéma politique, même si les images de mouvement sociaux ou politiques n’apparaissent pas. La forme reste ». Si, au Chili, le documentaire demeure très marginal, « il a cependant connu de grandes avancées ces dix dernières années, notamment grâce au Festival International du Documentaire de Santiago crée par Patricio Gúzman », précise-t-il. « Il s’agit d’un genre qui peut avoir une expression profonde, critique, et d’un haut niveau artistique. Il permet beaucoup de libertés avec un langage très innovateur. Ce bras expérimental du cinéma mérite une reconnaissance plus affirmée ». Dorothée

> Cien niños esperando un tren, dimanche29 mars, 16h30, Cinémathèque B
> Aquí se construye, vendredi 27 mars, 14h et samedi 28 mars, 22h20, Cinémathèque B
> El diario de Agustín, jeudi 26 mars, 20h, Cinémathèque B



invités - ils arrivent !

Anne Agüero, Juan Lozano, Manoushak Fashahi, Rubén Romero