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La Pelicula N°07

le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
MERCRDI 25 MARS 2009 n°6

  • Momento con / Les rencontres vu par...

ALICIA EN EL PAÍS
Esteban Larraín
[Chili, 2005,1h01]

Walk-movie tourné comme un documentaire, Alicia en el país retrace l’itinéraire solitaire d’une jeune fille à travers le Chili et la Bolivie. Le rythme du film calqué sur les pas de la marcheuse offre paysages, lamas et aventure initiatique intérieure. On se prend toutefois à rêver de présence humaine dans ce no man’s land latino-américain. Noémie

> Vendredi 27 mars, Cinémathèque A, 22h30

IL Y AURA TOUT LE MONDE
María Isabel Ospina
[France-Colombie, 2008, 0h52]

A travers le destin de sa famille, la réalisatrice observe la classe moyenne colombienne touchée de plein fouet par la crise. Pour ces naufragés du marasme économique bataillant contre la précarité, l’exil, synonyme d’isolement, se dessine. Notons que ce film est né durant les ateliers d’écriture documentaire de l’association Ardèche Images. Vincent

> Vendredi 27 mars, ESAV, 20h15
> Vendredi 27 mars, le Rex, Blagnac, 21h00

REMITENTE, UNA CARTA VISUAL
Tiziana Panizza
[Chili, 2008, 0h20]
Deuxième volet de la trilogie de la réalisatrice, Expéditeur, une carte postale visuelle aborde le documentaire naïf et s’amuse avec le genre. Reprenant l’idée des cartes postales que les émigrés envoyaient à leur famille restée au pays, Tiziana Panizza écrit en image son carnet intime et rend hommage à la mémoire et au souvenir. Marie

> Vendredi 27 mars, Cinémathèque A, 18h30 (avant le film Aniceto)

La rencontre avec Jorge Echeverri

LA VOZ DE LAS ALAS de Jorge Echeverri - [Colombie, 2008, 1h38]

C’est dans la cour ensoleillée de la Cinémathèque, un matin de festival, que je rejoins Jorge Echeverri. Le réalisateur colombien est accompagné de sa fille Lisa et m’accueille avec un sourire aux lèvres et un bob sur la tête. Le ton est donné : simplicité et disponibilité. Malgré son air détendu, l’homme n’est évidemment pas là pour faire du tourisme. Il vient défendre son 4ème et dernier long-métrage, La Voz de las alas, en compétition dans la catégorie Coup de Cœur. Le film commence fort : Lázaro, enfant d’une famille bourgeoise de Bogotá, surprend son père nu en compagnie d’une domestique. Sa mère s’empresse de punir cet adultère en tirant une balle sur son mari, que l’on dit alors exilé dans un hôpital londonien. Dès lors, le petit Lázaro aura une idée fixe : retrouver son père à Londres.
Jorge Echeverri avoue avoir des points communs avec le personnage de Lázaro enfant. Dans sa jeunesse, le cinéaste est en effet parti à Londres en quête d’une présence paternelle. Une quête qui l’a poussé à s’inscrire à la London International Film School. Le spectateur peut aujourd’hui s’en réjouir…
Plus tard dans le film, on découvre un Lázaro adulte face à une nouvelle déconcertante : de la relation entre son père et la domestique est née une fille, Milena. La rencontre entre les demi-frères et sœurs est volcanique : ils éprouvent une attirance irrépressible et entament une liaison incestueuse. Un détail titille alors l’œil du spectateur : les traits de Milena ressemblent étrangement à ceux de la mère de Lázaro, qui crevait l’écran dans le début du film. Pas de doute : les deux rôles sont incarnés par la même actrice, Valentina Rendón, dont on salue au passage la performance de comédienne. Par ce subterfuge, Lázaro apparaît donc en situation d’inceste à la fois avec sa demi-sœur et sa mère.
L’amour interdit est un thème récurrent de la filmographie de Jorge Echeverri. Déjà dans Malamor, sélectionné au 25ème Festival International de Cinéma de Moscou (2004), le metteur en scène racontait l’histoire de Lisa, une adolescente de 17 ans éprise de l’amant de sa mère. Le Colombien est décidément un artiste qui s’attache à scruter la psychologie de ses personnages. Le contexte socio-politique (guérilla, inégalités sociales…) fait certes partie de ses scénarios, mais il est secondaire par rapport aux sentiments qu’éprouvent les protagonistes face à leur destin. Leurs vies intimes sont souvent complexes, mais c’est ce qui pousse à la réflexion et donne au film sa profondeur. Un parti pris que Jorge Echeverri revendique en tant que réalisateur indépendant, bien loin des standards commerciaux. Eugénie - avec la complicité de Michèle, interprète, et de Lisa, fille de Jorge Echeverri .

> Vendredi 27 mars, Gaumont Wilson, 16h00


François Sauvagnargues, directeur de l’unité fiction d’Arte

Un rendez-vous matinal, avec un invité très demandé. Et pour cause, l’agenda de François Sauvagnargues paraît bien chargé, entre Cinéma en Construction et projections. À l’occasion de la soirée spéciale Arte, le film de Pablo Agüero Salamandra sera projeté en avant-première à la Cinémathèque. « Les actions culturelles Arte, à l’origine de cette initiative, visent à promouvoir la programmation de la chaîne en France, en association avec des manifestations culturelles, explique-t-il. L’objectif consiste à toucher le public en direct.» Pour cet habitué des Rencontres, le festival « à la pointe de l’Amérique latine » magnifie la richesse du cinéma latino-américain. Arte emboîte le pas en coproduisant certains films de talent. C’est le cas de Salamandra, « réalisation subtile et poétique traitant du passage d’un jeune garçon à l’âge adulte, en Patagonie ». À voir pour un voyage à l’extrémité du monde. Noémie


Les petites histoires de la vie quotidienne passionnent le réalisateur mexicain Nicolás Pereda, dont le film Juntos est projeté dans la section Otra Mirada. Il s’agit de donner du temps à la réalité de tous les jours et d’explorer les limites sensorielles entre le documentaire et la fiction. « Je trouve effectivement intéressant le mélange entre ces deux genres. Ce qui m’attire dans la fiction c’est la réalité et ce qui m’attire dans le documentaire c’est la fiction. Il me semble pertinent de voir comment les deux s’unissent. Je veux que, dans mes films, le spectateur voie le concret ; si quelqu’un mange, je veux qu’on le sente manger. Je suis attiré par un cinéma où on ressent, parce que l’acteur ressent lui-aussi » explique Pereda. Issu du monde du vidéo-art, l’enjeu de Pereda est de rapprocher cet univers de celui du cinéma ; « ce qui m’intéresse, c’est de placer ce type de vidéos sur grand écran ». Le public peut ainsi découvrir cette nouvelle approche intime. « Je demande au public un peu de patience, d’avoir la même mentalité que lorsque l’on est dans une galerie. Il ne s’agit pas de réfléchir trop, mais d’être disponible pour vivre une expérience nouvelle ». Après avoir remporté l’année dernière le prix Découverte avec le film ¿ Dónde están sus historias ?, et avoir participé à Cinéma en Construction avec Juntos, le dernier film de Pereda, Perpetuum mobile, est sélectionné cette année dans cette même dernière catégorie. « Cinéma en Construction m’a beaucoup aidé car c’est une occasion qui me permet de rencontrer des distributeurs qui peuvent s’intéresser à mon film ». Ignacio

> Projection du film Juntos : Vendredi 27 mars, Cinémathèque A, 16h30