La Pelicula N°08le quotidien des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse
MERCRDI 25 MARS 2009 n°6

Nietopolis
Luis Fernando Nieto
[Colombie, France,1h30 ]
Nieto, prestidigitateur fou du numérique insolite, donne une leçon de savoir surprendre. Dans son univers, le virtuel réel est un espace déjanté et loufoque qui ne demande qu’à être exploré... pour mieux se faire piéger. Quoi qu’il se passe au détour d’un territoire d’expérimentation du professeur Nieto, on en ressort confondu et ravi. Marie
> Programme Emergence 2 samedi 28 mars, Bellegarde, 18h
Myriam et Soukaina du lycée français de Casablanca et leurs professeurs.
Dorothée
Depuis 21 ans, les Rencontres Cinémas d’Amérique Latine se placent non seulement comme un lieu de diffusion mais avant tout comme un lieu de promotion du cinéma latino-américain. C’est pourquoi chaque jour, un temps est dédié aux rencontres et aux débats, instant arrêté où l’on discute, où l’on échange. Ces rencontres thématiques sont l’occasion pour le public d’échanger avec les réalisateurs pour mieux suivre l’actualité du festival. Cette année, la programmation a choisi de mettre l’accent sur cinq thèmes distincts : les compétitions Coup de cœur, Documentaire chilien post- dictature, Premiers longs métrages, Documentaire et Courts-métrages.
Carlos Paz Herrera, chargé de la programmation des courts-métrages, animait lundi à Ombres Blanches les rencontres autour des films courts. Le moment, selon lui, « de faire le focus sur l’actualité des courts-métrages, sur les envies des réalisateurs. La majorité des productions que l’on pouvait trouver auparavant étaient majoritairement des films de fin d’étude, des exercices de travail en école de cinéma qui imposaient la forme courte comme un exercice de synthèse cinématographique. Aujourd’hui,on est heureusement surpris de voir que le genre trouve ses lettres de noblesse et plus particulièrement qu’il y a véritablement une production de très bonne qualité ».
A cette rencontre étaient présents quatre réalisateurs de courts-métrages en compétition : Catalina Marin pour son film Pehuajó, Tizziana Panizza avec Remitente, una carta visual, Fabio A. Meira de Sousa avec Atlântico, et Paolo Gregori, réalisateur de Corpo presente: Beatriz. Avec leur narration propre, leur manière d’écrire, leur nationalité, tous étaient réunis autour de ce débat avec comme point commun d’avoir à créer dans un espace de narration court, ne dépassant pas les 20 minutes. « On ne dit pas la même chose dans un court-métrage que dans un long, l’espace de narration n’est pas le même. Il n’y a pas les même enjeux commerciaux, cela permet d’ouvrir à davantage d’expérimentation », dit Paolo Gregori.
Les films de ces quatre réalisateurs sont programmés dans la section des courts en compétition pour le prix Courtoujours, décerné par un jury d’étudiants rattachés au Crous et pour le prix Signis du court-métrage. La diffusion en première partie de différents longs-métrages, est justifiée par les programmateurs pour « les mettre en valeur et ne pas les englober dans une projection uniquement portée sur les courts métrages ». Les films nominés recevront leurs prix dimanche soir à l’ESAV.Marie
> Projection des courts-métrages gagnants : dimanche 29 mars, 18h00, ESAV
François SCIPPA-KOHN distributeur Chrysalis Films.
A 29 ans, François Scippa-Kohn est cofondateur de la société de distribution Chrysalis. Ce franco-italien est heureux de venir faire son marché pour la première fois aux Rencontres. « Nous travaillons dans une ambiance plus détendue qu’à Cannes ou à Berlin, où l’on ressent plus fortement la compétition pour trouver la perle rare ». Cinéma en Construction, où sont présentés des films inachevés, constitue pour lui une initiative «unique et géniale ». « Cette plateforme permet de voir les films plutôt que de les lire au travers des scenarii ». Ne fonctionnant qu’au coup de cœur, il apprécie le contact direct avec les auteurs plutôt qu’avec des vendeurs. Il y a aussi repéré La vida útil. Dans ce film, le personnage s’interroge sur son devenir alors que le cinéma dans lequel il a toujours évolué doit disparaître. « Une question que je me pose tous les jours » conclut François Scippa-Kohn, dont la passion pour le cinéma rivalise avec un très haut sens du professionnalisme. Pierre
On dit, souvent, que Fernando Pérez est le réalisateur vivant le plus important du cinéma cubain, mais ce commentaire fait rougir un peu cet homme de 64 ans. « De tout ça, je suis d’accord seulement avec une chose : je suis vivant ». Le commentaire semble être la déclaration de principes d’un cinéaste qui ne cesse pas d’innover. « Dans notre vie tout change, je ne voudrais pas que ces changements me surprennent immobile », explique -t-il.
Pérez éprouve un vrai enthousiasme pour les jeunes cinéastes cubains qui, grâce aux caméras numériques, ont commencé à faire un cinéma indépendant des institutions étatiques du cinéma. « C’est vrai qu’ils ont des difficultés. Mais les jeunes sont le présent du cinéma cubain, ils ont un regard innovateur sur la réalité. Je crois qu’ils vont redonner au cinéma cubain le dynamisme qu’il avait perdu ». Il s’agit d’un processus dans lequel Pérez est aussi impliqué : ses trois derniers films sont numériques et le prochain, en plus, sera autoproduit.
Essayer des approches nouvelles de la réalité cubaine a toujours passionné Fernando Pérez, on peut le voir dans des films comme La vida es silbar et Suite Habana , tous deux projetés aux Rencontres. « Ça ne m’intéresse pas de donner une vision positive ou négative de Cuba. J’essaye d’exprimer la complexité et l’ambivalence de mon pays ». Ce regard identitaire, est à son sens, la plus grande vertu de la rétrospective 50 ans de Cinéma Cubain. « D’une certaine façon, explique Pérez, on peut trouver là, l’histoire de notre cinéma. Mais on peut découvrir aussi toute l’histoire de notre réalité, des transformations de notre pays, de ses contradictions, réussites et erreurs ». Ignacio
Dans le cadre de la rétrospective 50 ans du cinéma cubain, restent à projeter :
> Samedi 28 mars, 12h00, Cinémathèque A, Páginas del diario de Mauricio Manuel Pérez Paredes ;
16h15, Cinémathèque A, Fresa y chocolate, de Tomás Gutiérrez Alea ; 18h15, à l’ESAV, Suite Habana, de Fernando Pérez.
> Dimanche 29 mars, 15h00, Médiathèque Cabanis, La última cena, de Tomás Gutiérrez Alea.
