Les cinématographies d’Amérique Latine sont aussi diverses que les populations du continent, marquées par une histoire chaque fois singulière. Elles sont multiethniques, construites sur des cultures différentes, marquées par le métissage.
L’œuvre de Cristian Sanchez est peu connue même dans son pays, car s’ il a réussi a faire des films malgré la censure en inventant une écriture lui évitant les interdits fascistes, ses films ne furent pas diffusés. Son travail mérite de rencontrer les publics et c’est le rôle des festivals de cinéma de réparer, autant que faire se peut, cette injustice artistique et politique. Raoul Ruiz, le chilien et l’européen est un immense cinéaste dont la filmographie, quasiment encyclopédique, traduit une invention narrative, formelle et philosophique qui est déjà reconnue par tous les critiques, cinéphiles et théoriciens du cinéma mondial. Cristian fut l’élève de Raoul, et les réunir, par-delà leur vie si différente, nous a semblé utile.
À peine un siècle après la Conquête, les colonisateurs français, portugais et espagnols avaient déjà épuisé la main d’œuvre amérindienne, par l’asservissement, la contagion infectieuse et les massacres. Commença alors la plus grande déportation de l’histoire humaine qui est aujourd’hui qualifiée de crime contre l’humanité. Ces afro-américians ont fait souche et ont inventé une culture très riche, originale et universelle en art plastique en surtout en musique. Dans le cinéma et plus largement dans les productions audio-visuelles ils n’ont servi le plus souvent qu'à la construction d’archétypes marginaux : le bon esclave, le domestique et plus rarement le révolté. Nous rendons hommage à l'acteur brésilien noir Làzaro Ramos. Ceci souligne que ces caricatures de la représentation du noir sont en train de changer, comme si le septième art voulait aussi apporter sa pierre aux combats de l’anti-racisme et plus largement à la reconnaissance de l’altérité.
Francis Saint-Dizier
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