PRIX DE LA FIPRESCI

Huit premiers films sont en compétition.

El custodio de Rodrigo Moreno [Argentine /// 2006 /// 1h33]
Menant une existence solitaire et monotone dans l'ombre du ministre qu'il doit protéger, Ruben survit entre routine et petites humiliations et finit par réagir de manière imprévisible. Dépassant la critique sévère du monde politique, R. Moreno dresse pudiquement et silencieusement, le portrait pathétique d'un antihéros interprété avec sobriété et profondeur par J. Chavez.

La sagrada familia de Sebastián Campos [Chili /// 2005 /// 1h39]
[Film présenté aux Rencontres de 2005 dans la cadre de Cinéma en Construction] Une famille bourgeoise passe les fêtes de Paques dans sa résidence secondaire en bord de mer. En cette fin de Semaine Sainte, l’arrivée de la fiancée du fils, plutôt délurée, jette le trouble et provoque conflits et drames. Tourné en trois jours, caméra au poing, avec beaucoup d’improvisations mais très bien interprété, ce film possède une étonnante vivacité formelle qui sublime la dégradation prévisible des relations intra et extra familiales.

Madeinusa de Claudia Llosa [Pérou /// 2006 /// 2h02]
À Manayaycuna, petit village perdu dans la Cordillère péruvienne, la fête commence le Vendredi Saint. Transgresser les interdits n'est alors plus pécher car Jésus, dans son tombeau, ne peut plus voir ce qui se passe sur Terre. L'arrivée d'un gringo de Lima va changer le destin de Madeinusa, élue « Vierge » de cette fête. Ce récit coloré et fort dépasse la simple chronique anthropologique pour naviguer, avec beaucoup de maîtrise, entre religiosité et paganisme, entre traditions et modernité, entre innocence et culpabilité.

La perrera de Manuel Nieto Zas [Uruguay /// 2005 /// 1h50]
David, adolescent mollasson, est rejeté par son père qui l’oblige à bâtir une petite maison sur un terrain abandonné, près d’une station balnéaire plongée dans la torpeur de la morte saison. Il va alors, avec quelques jeunes du coin, travailler et vivre de manière chaotique jusqu’à la fin du chantier. Des images décolorées, qui tanguent et finissent en plans disloqués, accompagnent parfaitement, dans ces endroits gris et déserts, les petites envies d’évasion de ce garçon velléitaire.

Incuráveis de Gustavo Acioli [Brésil /// 2005 /// 1h22]
Une prostituée et son client passent une nuit dans une chambre d'un quartier pauvre de Rio. Lui est plutôt désabusé et il paye surtout pour parler. Dans une alternance de moments tristes et gais, tous deux vont exprimer leurs sentiments et leurs fantaisies. Premier film de G. Acioli et d'une grande partie de son équipe, ce huis-clos existentiel est pourtant très maîtrisé sur le plan formel et très bien interprété. Il ne laisse pas indifférent.

Quarta B de Marcelo Galvão [Brésil /// 2005 /// 1h30]
Un appariteur trouve de la drogue dans une classe. Le directeur réunit une quinzaine de parents pour essayer de régler ce problème. Faut-il tester les effets de la marijuana confisquée ? Au cours de ce huis clos très bien filmé, en temps réel, dans une salle de classe, des sensibilités différentes s'expriment, sans exclure réactions hypocrites, dissimulations, fragilités et même violence…

Se arrienda de Alberto Fuguet [Chili /// 2005 /// 1h50]
En 1998, Gaston, jeune compositeur prometteur, et ses amis rêvent de changer le monde. Quinze ans après, il est le seul à rester en marge, alors que les autres sont bien intégrés dans une vie petite bourgeoise facile mais superficielle. La rencontre avec Elisa lui fera-t-elle oublier ses frustrations ? Une construction très élaborée, une bonne fluidité du récit et l'interprétation de L. Cruz Coke, permettent à A. Fuguet, par ailleurs écrivain, d’accentuer l’ambiance nostalgique du film

Paréntesis de Patricia Schweitzer, Pablo Solis [Chili /// 2005 /// 1h35]
Brève rencontre. Camilo est instable et vit avec sa compagne une relation qui se dégrade. Ils décident de ne plus se voir pendant huit jours. Dans cette période, Camilo rencontre une très jeune fille vivant dans un étrange détachement. Que naîtra-t-il de cette brève relation ? Les images très travaillées de ces jeunes réalisateurs fraîchement sortis de l'Ecole de Cinéma de San-tiago s'appuient sur l'utilisation originale de plusieurs caméras. Sans tomber dans les effets faciles, elles accompagnent avec virtuosité des moments de vie entre parenthèses

Le jury est composé de trois journalistes internationaux, membres de la FIPRESCI :
         

> Kora TSERETELI, journaliste cinéma à « Ekran » [Russie]
> Boriana MATEEVA, journaliste cinéma à « Kino » et « Kultura » [Bulgarie]
> Oliver RAHAYEL, journaliste cinéma à « Film-Dienst » [Allemagne]

 
 

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